Grande collecte des archives de la Libération
Il y a 80 ans, Boulogne-Billancourt était libérée de l’occupation nazie par la 2e Division Blindée du Général Leclerc, en route vers Paris.
25 août 1944. Tandis que le soleil d’été se lève sur la ville, les Boulonnais ont peu dormi. Depuis la veille au soir, un groupement de la 2eDivision Blindée du Général Leclerc est posté au bout du Pont-de-Sèvres. L’arrivée des soldats français a ravivé l’espoir des habitants, né quelques jours auparavant.
Tout a commencé dans la nuit du 16 au 17 août précédent. Un groupe de 35 Français de 18 à 24 ans, membres de mouvements de résistance, est attiré dans un guet-apens et fusillé par la Gestapo près de la Grande Cascade du Bois de Boulogne. Le 18 août, tandis qu’un rassemblement se tient à l’endroit même du drame, une grève générale éclate en France. Le colonel Rol-Tanguy, responsable des Forces Française de l’Intérieur (FFI) pour l’Île-de-France, appelle à l’insurrection. Le lendemain, des agents de la ville hissent le drapeau français sur le commissariat. Dans les affrontements qui s’en suivent, deux gardiens de police sont tués.
Le 20 août, le drapeau français est cette fois hissé sur l’hôtel de ville, par une colonne partie de la Place Jules-Guesde, composée d’ouvriers et militants communistes et socialistes. À 15h, les autorités décrètent une couvre-feu, maintenu jusqu’à nouvel ordre, de 21h à 6h. Mais dans l’ombre, la Résistance s’organise et dès le lendemain, le Comité local de Libération, présidé par Alphonse Le Gallo, alors chef de bureau à la mairie, prend possession de l’hôtel de ville. Le 23 août, alors que la 2e DB s’est élancée à l’aube dans ce que le Général Leclerc appelle « la galopade à tombeau ouvert vers Paris », dans la matinée les FFI postées au Pont-de-Sèvres repoussent l’attaque de deux sections allemandes. Des barricades empêchant la retraite des occupants sont érigées dans les rues de la ville qui, durant deux jours deviennent le théâtre d’accrochages et embuscades organisées par les partisans.
Le 24 août vers 17h, les résistants postés derrière la barricade du pont de Sèvres, voient arriver à très faible allure quelques tanks précédés de soldats longeant les murs puis les parapets du pont. Ils pensent d’abord que ce sont les Allemands qui se replient après les affrontements qui ont eu lieu à Sèvres. Bientôt, ils reconnaissent les uniformes de l’armée française. Il s’agit du groupe tactique dirigé par le colonel Girot de Langlade. Dès lors, l’avenue Edouard-Vaillant, quasiment déserte, est en quelques minutes envahie par la foule criant, chantant, riant, pleurant. Tous veulent toucher, embrasser les soldats français, « ces garçons de chez nous », qui apportent avec eux l’espérance et la liberté.
Au cours de la nuit, une compagnie de parachutistes allemande lance une attaque et au petit matin, alors que les troupes françaises s’apprêtent à faire mouvement, l’ennemi tente une sortie des Usines Renault de l’île Seguin. À 10h, les soldats allemands se rendent. La 2e DB traverse alors Boulogne-Billancourt au milieu d’une foule en liesse, avant de passer la Porte de Saint-Cloud et d’entrer dans Paris à midi. Au même moment, le Bois de Boulogne est délivré de l’occupant par le groupement du colonel Rémy.
La 2e DB continuera sa route vers Strasbourg qui sera libérée le 23 novembre, honorant ainsi le serment prononcé par Leclerc en 1941 de ne déposer les armes que « quand les belles couleurs françaises flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Par délibération du 14 février 1948, en hommage au libérateur, le Conseil municipal attribuera le nom du Général Leclerc à la partie de l’avenue Edouard-Vaillant comprise entre la place Marcel-Sembat et la Seine
Les Archives municipales sont à la recherche de tout document original (correspondances, photos, films, carnets personnels) en lien avec ce moment crucial de l’histoire de la ville.
Si vous souhaitez contribuer à la mémoire de cet évènement, vous pouvez apporter les documents en votre possession au service des Archives (rez-de-jardin de l'hôtel de ville) pour en faire don ou les prêter pour numérisation.